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Trier ses déchets : un petit geste pour vous, un grand geste pour la planète

Avoir le réflexe de trier ses déchets ne tient ni de la mode ni de la coquetterie. C’est un plus pour l’environnement, pour notre santé et celle de la planète, mais aussi pour le portefeuille. Car la pollution de l’air, des sols et des eaux a un prix. État des lieux et conseils.

Planète déchet

Pourquoi trier ? Pour éviter de polluer, pardi !


Avant que ne soit instauré progressivement le tri des déchets, que se passait-il ?


Ils étaient tous incinérés (d’où une pollution de l’air), enfouis (d’où une pollution des sols) ou encore stockés dans de vastes décharges « à ciel ouvert » (d’où une pollution de l’air, une pollution des sols, sans compter la pollution visuelle.)


Dans la plupart des cas s’en suivait une pollution des nappes phréatiques, des cours d’eau et des mers. L’eau était souillée, alors qu’elle est le symbole même de la vie, et surtout l’élément indispensable à sa préservation.


Le phénomène est évidemment progressif, en fonction de la nature du déchet et de sa composition. Et on comprend aisément, sans être expert en chimie ou biologie, que les reliefs d’un repas (aliments, épluchures, coquilles...) n’ont pas le même impact qu’une boîte métallique ou qu’un emballage plastique.


Save the ocean

Ce dernier — le plastique — est devenu le plus « impactant ». Selon les experts, 80 % des déchets plastiques que l’on retrouve dans la mer sont issus de déchets jetés en pleine nature ! Ils ne sont pas biodégradables, mais ont la faculté, avec le temps, le rayonnement solaire et les mouvements de l’eau, de se muer en fines particules souvent invisibles à l’œil nu. Ces quantités industrielles de plastiques présentes dans les mers et océans finissent parfois par s’agglomérer en raison des courants. Ce sont désormais des îles… de plastique. La plus importante est dénommée « Pacific Trash Vortex » : vaste comme six fois la surface de la France (plus de 3 millions de km² !), son épaisseur est de l’ordre de 30 m… Ces millions de tonnes de plastiques qui se décomposent empoisonnent la faune (poissons, oiseaux) et… les êtres humains. Réduits à l’état de polymères, c’est-à-dire d’assemblages d’atomes, ils sont introduits dans la chaîne alimentaire.


Il y a donc urgence !

Alors que nous produisons chaque jour toujours plus de déchets ménagers (une hausse qui n’est évidemment pas seulement liée à l’essor démographique, puisque la quantité d’ordures ménagères est aujourd’hui deux fois plus importante qu’il y a 40 ans), ce sont bien nos habitudes de vie et nos habitudes de consommation qu’il convient de changer. Et cela passe par le tri pour réduire le volume des déchets non recyclés.



Les vertus du recyclage


Grâce à la montée en puissance de nouvelles chaînes industrielles dédiées à la transformation des composants (des déchets et objets recyclables) en nouvelles « matières premières », il est désormais possible de « refabriquer » un produit en fin de vie (qu’il s’agisse d’un simple gobelet en plastique ou d’une cafetière ou d’un vélo) en un produit neuf. Les composants du premier ont été alors réintroduits dans le cycle de production qui a permis de produire le second. Mais souvent, réduits à l’état de particules, les composants peuvent de plus en plus permettre de fabriquer un vêtement ou un tuyau en PVC à partir de bouteilles en plastique ! Et au passage de réduire la consommation de pétrole.


Ce principe est connu également pour les papiers et cartons (plus on les recycle, moins on abat d’arbres), ou pour l’aluminium (son recyclage réduit l’extraction de bauxite, une roche riche en alumine et en oxydes de fer).


Les autres avantages du tri et du recyclage :

  • Des économies d’énergie : Fabriquer de nouveaux produits à partir de matières premières recyclées est source d’économie d’énergie. En effet, l’extraction et la transformation des matières premières consomment plus d’énergie que leur recyclage. Ainsi, refondre des canettes d’aluminium revient à économiser 95 % de l’énergie utilisée pour l’extraction des composants de ce métal.

  • Une réduction des gaz à effet de serre : La fabrication d’un emballage consomme plus d’énergie que son recyclage, et elle émet par ailleurs plus de gaz à effet de serre synonyme de réchauffement climatique. Eh oui : quand vous jetez une bouteille en verre ou en plastique dans le bon bac ou conteneur, vous luttez efficacement contre le réchauffement de la planète !


Le problème des déchets dangereux


Déchets dangereux

Il faut aussi mentionner une question particulièrement sensible : celle des déchets dangereux (à terme pour l’environnement ou immédiatement pour l’homme). Il s’agit par exemple des déchets contenant des métaux lourds (plomb, cadmium, mercure, arsenic…), des hydrocarbures, des déchets explosifs ou facilement inflammables, des déchets irritants. Pour la plupart, ils proviennent de l’industrie. Cependant, quelques-uns se glissent, hélas, dans nos déchets ménagers. A hauteur de 1 % du volume de nos « poubelles », mais c’est déjà beaucoup… Il s’agit notamment d’huiles usagées, de peintures, de cartouches d’encre d’imprimante, de colles, de vernis, de solvants, d’emballages contaminés, de piles…


Que faire ? Soit déposer les piles ou ampoules, par exemple, dans des boîtes ou conteneurs dédiés à cet effet dans certains commerces, soit apporter ces déchets spécifiques dans un centre de recyclage mis à disposition des résidents gratuitement dans les communes. Dans tous les cas, il est INTERDIT de les placer dans les ordures ménagères (même dans le sac ou la boîte grise) ou, pour les liquides, de les déverser dans les canalisations et donc les égouts.



Une alternative : réduire les déchets


Vous l’avez compris, le tri est primordial. Mais on peut aller plus loin, sans pour autant passer pour un extrémiste : la logique veut aussi que l’on réduise la quantité des déchets, quels qu’ils soient. « Quoi qu’il arrive, un déchet pose problème. Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas » résume l’association Zero Waste, une ONG qui multiplie les initiatives et les campagnes en faveur d’un mode de vie et donc d’une société « zéro déchet ».

Comment faire ? L’exemple des emballages est édifiant !

Bouteilles plastiques

Les emballages ont une fonction « marketing » : ils permettent de séduire le consommateur. Pourtant, dans bien des cas, notamment dans le domaine de la cosmétique, des recharges (savon, lessive) destinées à des flacons pérennes que l’on conserve chez soi se révèlent plus économiques et moins polluantes ! Sur le même principe, boire de l’eau du robinet au lieu d’acheter des bouteilles d’eau en plastique (quand c’est possible) réduit la facture dans tous les sens du terme — les bouteilles d’eau génèrent 10 à 20 millions de m³ de déchets chaque année !


Vente en VRAC

Dans le domaine de l’alimentaire, la vente en vrac devient une alternative intéressante et de plus en plus de points de vente s’adaptent à cette philosophie. Qu’il s’agisse de pâtes, de céréales, de légumes ou fruits secs, d’une part on achète moins, d’autre part on économise l’emballage (un sac en papier réutilisable suffit).


Même principe pour les produits frais : fruits et légumes ou viandes, charcuteries et fromages vendus à la coupe plutôt que dans des barquettes…


Suremballages

Reste que dans certains cas, on ne peut faire autrement que d’acheter un produit, alimentaire ou non, déjà emballé. On évite alors les suremballages : quand des morceaux de fromage, par exemple, sont proposés et conditionnés dans une barquette de plastique elle-même enfermée dans du blister, le tout étant présenté dans une boîte cartonnée !


Dans le même ordre d’idée, si on ne peut se passer d’emballage, préférez toujours le carton ou le papier par rapport au plastique : ce dernier présente un taux de recyclage de seulement 21 %. Comparativement, papiers et cartons sont recyclés à 56 %.



Un geste citoyen… et économique


En attendant les résultats et l’éventuelle généralisation des « poubelles e-trash », équipées de codes-barres permettant à chacun de payer une facture d’enlèvement des déchets proportionnelle à ce qu’il jette et ce qu’il trie, une attention plus soutenue portée au tri est incontournable.


Mieux trier, c’est une priorité pour notre environnement, pour notre santé, et aussi pour notre portefeuille. Songez aussi que dans les centres de collecte et recyclage comme dans les locaux dédiés aux poubelles dans les résidences, un second ou un troisième tri sont souvent nécessaires. Cela se répercute sur les factures, y compris dans les charges des copropriétés…

Et ne pas oublier que pour certains déchets (dangereux, comme les piles) ou de nature particulière (textiles, verres), il y a des containers dédiés à proximité de chez vous !



Pour rappel

Poubelle grise

Déchets ménagers (couleur grise)

La poubelle grise, collectée chaque semaine par votre commune, est destinée à recueillir l’ensemble de vos déchets ménagers résiduels non recyclables pour être incinéré : mouchoirs en papier, sopalins, papiers cuissons, emballages plastiques refusés par ailleurs…


Poubelle bleue

Papiers et cartons (couleur bleue)

Également collectée toutes les semaines, cette poubelle est destinée à recevoir vos déchets en papier et en carton. Ils seront alors recyclés à condition d’être propres : anciens journaux ou magazines, livres, cahiers… Sauf cartons à pizza, reçus de caisse, papiers salis, cirés ou plastifiés.


Poubelle verte

Verre (couleur verte à Luxembourg)

Collecte du verre de type bouteilles en verre vide sans les bouchons, couvercles ou manchettes faites dans d’autres matières.

Interdit aux vitres, miroirs, plats ou assiettes en faïence ou céramique, ampoules électriques.

Poubelle brune

Déchets biodégradables (couleur brune à Luxembourg) — Biomüll

Cette poubelle recueille tous vos déchets de cuisine : restes alimentaires, aliments avariés, sachets de thé, marc de café, déchets de jardin hors bois ligneux, fleurs (hors rosiers), plantes, gazon, déjections de petits animaux.

Emballages PMC Valorlux

Emballages PMC en sac bleu Valorlux

Ces sacs sont destinés à recueillir tous les déchets PMC : bouteilles et flacons en plastique (lait, gel douche, shampoing…), emballages métalliques, cartons de boissons type Tetrapak.